Interview : « Toute personne qui veut réussir, réussira », dixit Inouss Landozz.

Depuis l’Allemagne où il vit depuis 15 ans, Inouss Landozz, figure emblématique de la chanson togolaise en Europe sort « Onhe Führerschein« , son dernier album pour le plus grand bonheur de ses fans.

Un entretien avec Icône Afrique

  • Quand avez-vous commencé par faire de la musique ?

J’ai commencé la musique au Togo en 94 à Kara, j’ai fait mes premiers pas avec ma sortie d’album en 95 à Sokodé et le nom de l’album était « Koubbôna » en ‘’tem’’ qui signifie les ‘’ancêtres’’ et comporte 8 titres ; le nom de l’album a un lien avec le contenu de l’album parce qu’on pensait qu’il fallait se rapprocher des gens qui étaient nés avant nous et qui connaissent beaucoup de choses, car ils peuvent nous aider à construire notre avenir. On a donc dédié cet album à ces personnes.

C’est vrai qu’en ce moment nous chantions le vécu quotidien et les comportements du milieu. Moi j’étais en ce moment dans mon village natal, un petit village nommé Cadara ; donc on a certains comportements qu’il faut certainement copier, qu’il faut forcément regarder et dont il faut forcement discuter avec ceux qui vous dépassent en âge.

  • Parlez-nous de votre second album.

Le second album je l’ai sorti à Lomé parce que j’étais à la recherche d’un bon son. Le premier album c’est vrai que normalement ce n’était pas encore ça, selon l’appellation technique des studios c’était une « maquette ». Le deuxième album était aussi une maquette. Nous l’avions fait en 96 à Lomé, ce n’était aussi pas vraiment ça. A l’époque beaucoup faisait de bons sons. En Côte d’Ivoire par exemple où je suis allé deux fois, c’est surtout là-bas que j’ai compris que ce n’était pas encore ça.

  • Landozz chante beaucoup dans sa langue, qu’est ce qui explique cela ?

Je chante beaucoup plus dans ma langue que dans la langue étrangère parce que j’aime ma langue et aussi parce que je peux bien l’articuler. De plus, avec ma corde vocale il y a certains mots, certaine phrase en langue étrangère que nous n’arrivons pas à bien prononcer. Il faudrait quand même connaître le son qui sort, donc pour moi chanter en ma langue c’est bon, « ça tient bien » plus que chanter en une langue étrangère. Il est vrai que certaines fois par exemple dans un album je préfère chanter en français ou en anglais, mais la majeure partie du temps c’est dans ma langue que je chante. Je fais la musique d’abord pour me nourrir. La musique me nourrit et après si une personne s’y intéresse c’est bon.

Pour la signification du nom du second album, je dirais qu’à l’époque pour la petite histoire nous étions deux, c’était « Les frères Landozz ». Donc le nom de cet album c’est « kezia » le nom de la jeune fille avec laquelle sortait mon frère à l’époque et qu’il aimait donc on peut dire que c’était une histoire d’amour, c’était pour lui faire un hommage. Cet album a 6 titres et son contenu parle d’amour, le vécu quotidien, la guerre, la paix, les choses qu’il faut comprendre

  • Pourquoi les frères Landozz se sont séparés ?

On n’était pas séparé mais c’est les conditions de la vie qui ont fait que nous ne vivons pas dans une même ville. C’est vrai que nous sommes tous en Allemagne et qu’on fait aussi des concerts ensemble mais on ne vit pas dans une même ville. Les frères Landozz en ce moment avaient fait cinq Albums ensemble, deux à Sokodé, deux à Abidjan et puis un en France. Ensemble nous avons fait le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, Burkina Faso, la France, l’Allemagne, la Hollande ou on vit présentement.

  • Parlez-nous un peu des albums a votre actif.

Moi seul j’ai à mon actif 4 Albums dont 2 qui sont vraiment bien sortis ; c’est-à-dire que j’ai fait deux albums dont je n’ai pas trop fait la promo mais dont les gens ont eu les morceaux et les deux autres albums dont je suis satisfait.

  • Comment votre envie de faire carrière dans la musique est-elle née ?

En tant que débutant artiste en 95 c’est vrai que je ne m’imaginais pas tout de suite à vraiment faire une carrière d’envergure internationale ; J’étais allé à Abidjan enregistrer mon troisième album, arrivé là-bas j’ai suivi des artistes, j’ai rencontré certains artistes connus comme Soumbil, les salopards, et de nos discussions, l’envie de faire carrière dans la musique à partir d’Abidjan nait, et quand on est revenu en 98, on est encore retourné là-bas pour faire des albums et c’est ça qui vient confirmer l’envie d’en faire une carrière. Heureusement pour nous en 98 Claudy Siar nous fait une interview en direct à la radio RFI, une semaine de pub sur nous Frère LANDOZZ, puis TV5 monde passe notre clip vidéo pendant une semaine. C’est là qu’on a décroché une invitation sur Bordeaux deux fois, une en 2001 et une autre en 2002 pour des lives. Cependant avant cette décision, c’est-à-dire jusqu’ à deux albums je chantais juste par passion.

  • Comment votre famille a-t-elle prise votre penchant pour la musique

Mon papa est malheureusement décédé avant que je ne commence, paix à son âme. Je ne sais pas ce qu’il aurait dit s’il était là ; je sais qu’en même que mon papa était un bon chanteur donc je ne crois pas qu’il m’aurait refusé de faire de la musique. Il m’aurait peut-être interdit certains comportements liés à la musique, s’il trouve que ce n’est pas bon il pourra me le reprocher ; Ma mère quant à elle, m’écrit tout le temps, elle me soutient depuis le début et me demande les CD à chaque fois que je lui rend visite.

  • Avant la décision de faire carrière dans la musique, que faisiez-vous ?

J’ai été photographe ambulant, commerçant des amplis, vendeur de quincailleries, j’ai fait le pont à Sokodé parce que j’étais entrepreneur, j’ai même servi dans les bars, j’ai fait tous les métiers du monde. Juste après ça, la carrière décisive musicale commence (c’est-à-dire que quelque part j’ai nourri ma musique donc j’ai travaillé sur ma musique).

  • Comment le public européen a réagi à votre musique ?

La première fois en France, on a fait deux concerts et nous avons profité enregistrer un album. Les mêmes personnes nous ont invité la deuxième fois en 2002 et ça nous avait emmené à Genève où nous avons joué. Nous chantons traditionnel et quand on chante personne ne comprend puisque nous chantons en « Kotokoli », mais la sonorité, la tonalité, le mélange entre notre langue et la musique créent quelque chose que celui qui ne comprend pas veut découvrir.

En Allemagne au début c’était difficile parce que la vie là-bas est autre que celle en France mais on a enduré jusqu’à un niveau où on a beaucoup de concerts, beaucoup de festivals maintenant si vous allez sur YouTube, sur Facebook, vous allez voir les concerts que nous avions fait avec les Allemands, donc nous remercions DIEU.

  • Aujourd’hui de quoi vivez-vous ?

Aujourd’hui je vis de la musique mais pas uniquement, j’ai d’autres activités aussi, je suis dans le domaine du social c’est-à-dire je travaille avec une association en Allemagne, nous aidons les enfants d’ici en construisant une école par exemple. Je suis quand même satisfait de la musique, beaucoup plus satisfait.

  • Votre tout dernier bébé ?

Mon dernier album à 10 titres. J’y parle de sécurité, d’immigration clandestine et bien d’autres thématiques.

Mes attentes par rapport à cet album surtout le morceau que j’ai chanté avec Ilane Touré où nous avons sensibilisé les jeunes sur les risques qu’ils encourent en voulant rejoindre l’Europe par la mer clandestinement et sur le fait qu’ils ont aussi de l’avenir ici en Afrique.

  • Quelles sont vos objectifs pour les deux prochaines années ?

D’ici deux ans je veux réussir avec les partenaires en Allemagne à construire des écoles au TOGO, là où le besoin se fait ressentir. Et côté musical je veux pouvoir aussi faire un jour en Europe des concerts avec 20.000 à 40.000 spectateurs.

  • Un message à l’endroit de la jeunesse togolaise et africaine ?

Mon message à l’endroit de la jeunesse est : « Toute personne qui veut réussir réussira ». Je prends un peu mon exemple, j’ai fait tous les métiers du monde, je suis allé également l’école mais je n’ai pas attendu forcément l’école donc, quand tu veux réussir tu vas réussir. Il faut être audacieux, avoir envie de faire une chose, de foncer et de tenir car la réussite est au bout de l’effort.

 

Propos recueillis par Robert IDIKA

 

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