Côte d’Ivoire/Musique : Il s’en est allé, le bad boy symbole de réussite

Non, cet accident de moto n’est pas un de ses buzz pour faire encore parler de lui. Non, sa mort n’est pas un jeu auquel s’adonnent les médias et ses proches pour construire sa légende. Oui, le Yôrôbô n’est plus là pour alimenter le quotidien ivoirien et africain de ses frasques.

Bien plus qu’un chanteur, DJ Arafat avait fini par incarner les aspirations de toute une génération. Le roi du coupé-décalé est devenu, au fil du temps, un personnage incontournable. Un bad boy capable de casser une assiette sur la tête de sa compagne, de traiter un rival de « pédé », de mépriser ceux qui prennent le métro, ou d’insulter la moitié du star system ivoirien… Mais un bad boy à qui ses fans, qui lui reprochaient parfois son comportement, finissaient par tout pardonner parce qu’il était un artiste hors-norme, un des plus célèbres, sinon le  plus célèbre ambassadeur du coupé-décalé faisant évoluer le genre, jusqu’à l’associer à la musique trap.

Et le silence qu’il laisse est d’autant plus pesant qu’on avait fini par s’habituer à ses coups de gueules et de sang permanents, délivrés à longueurs de lives sur les réseaux sociaux, où il cumulait plus de 5 millions d’abonnés.

Au-delà de ses nombreux fans, c’est tout l’univers de la musique qui se réveille sous le choc après l’annonce du décès de DJ Arafat. Le  « Daïshikan » qui était au sommet de sa carrière après avoir reçu plusieurs grandes récompenses dont les Kora Music Awards, MTV, Forbes Afrique, avait l’ambition de partir à la conquête du public occidental lorsqu’il a été rappelé à Dieu alors qu’il n’était âgé que de 33 ans.

Aujourd’hui, de Serge Beynaud à Debordo Leekunfa en passant par Kiff no Beat et A’salfo du groupe Magic System, ses challengers d’hier expriment leur tristesse. La classe politique ivoirienne, notamment le président de la république Alassane Ouattara, Hamed Bakayoko, a également rendu hommage à la star au parcours d’étoile filante.

Ange Didier Houon alias DJ Arafat, a écrit une des plus belles pages du coupé-décalé et restera à jamais dans le cœur de ses fans qu’il a lui-même affectueusement nommé la « Chine ». Que son âme repose en paix.

 

Paul Dahoune

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